La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) et la Chambre de commerce et d’industrie Vallée-du-Richelieu (CCIVR) considèrent que la Stratégie nationale sur la main-d’œuvre 2018-2023, rendue publique le 23 mai, arrive à point nommé et est nécessaire devant l’ampleur du défi et des opportunités qui se dressent devant le Québec.

« Cette Stratégie et les moyens qu’elle entend déployer peuvent et doivent contribuer à notre enrichissement collectif. Il faut des actions concrètes, livrées avec conviction et fermeté, autrement le Québec se dirige inéluctablement vers une croissance plus faible », ont commenté le président-directeur général de la FCCQ, Stéphane Forget et la présidente, Me Marie-Claude Duval, de la CCIVR.

La Stratégie découle d’une lecture commune de l’évolution récente et prévisible du marché du travail, tenant compte des besoins particuliers des PME. Elle comprend aussi des initiatives dans le but d’améliorer la flexibilité, l’agilité dans le développement des compétences et l’accès de la main-d’œuvre à la formation, notamment dans les régions.

La stratégie gouvernementale, à l’instar du plan de développement économique de la FCCQ intitulé Accélérer le rythme : six clés pour une richesse durable, souligne que le Québec connaît une bonne performance en matière de création d’emploi. Toutefois, la rareté de main-d’œuvre que l’on connaissait récemment a atteint le stade de pénurie dans plusieurs régions et constitue une embûche majeure pour le développement économique. « Pour créer de la richesse, les entreprises ont besoin d’employés en nombre suffisant, dont les savoirs, savoir-faire et savoir-être correspondent aux besoins de l’économie du XXIe siècle. Voici posés les deux défis du Québec en matière de main-d’œuvre : la démographie et les compétences », soulignent Stéphane Forget et Marie-Claude Duval.

« On le sait, une main-d’œuvre compétente et suffisante est la clé du développement d’une entreprise », précise la présidente de la CCIVR. « On entend de plus en plus souvent dire que tel ou tel projet doit être reporté ou que tel contrat doit carrément être refusé, faute de personnel. C’est préoccupant pour l’économie de toute la région et c’est pourquoi nous voyons positivement cette Stratégie. »

Des mesures attendues par les entreprises

Plusieurs des mesures proposées dans la Stratégie font écho à des propositions qui découlent des besoins des entreprises, dont la mobilité géographique professionnelle. La FCCQ et la CCIVR tiennent à souligner l’objectif du gouvernement de rehausser le taux d’activité des travailleurs expérimentés. Cependant, il faut agir efficacement et rapidement, incluant de renforcer le report du départ à la retraite et d’inciter les employeurs à organiser le travail afin d’alléger les tâches de ces employés. « Un gouvernement ne peut certes pas décréter l’âge effectif de la retraite de chaque travailleur, mais il peut établir la norme à ce sujet et de puissants incitatifs, ce qui aurait des effets d’entraînement », mentionnent Stéphane Forget et Marie-Claude Duval. « Compte tenu de l’âge de notre population, il est certain que plus nous garderons nos travailleurs expérimentés au travail, mieux ce sera », précise Me Duval.

La FCCQ et la CCIVR soulignent la volonté d’améliorer la flexibilité et l’agilité dans le développement des compétences. L’impact qu’aura la 4e révolution industrielle dépend inévitablement des efforts d’adaptation, notamment au chapitre du développement des compétences de la main-d’œuvre. « Pour générer une plus grande richesse collective, le Québec a besoin d’une main-d’œuvre de qualité avec des compétences et des talents en lien avec les besoins des entreprises. », ajoutent Stéphane Forget et Marie-Claude Duval.

La FCCQ a beaucoup travaillé sur la question de l’immigration et insiste que cette question est cruciale : la croissance économique du Québec, plus particulièrement celle de ses régions, passe par l’apport des travailleurs issus de l’immigration. L’accès à la déclaration d’intérêt des futurs immigrants est la meilleure approche, selon la FCCQ, pour arrimer les besoins des entreprises et les compétences des travailleurs immigrants, et doit être mis en œuvre le plus rapidement possible. La FCCQ propose aussi d’augmenter le seuil du nombre d’immigrants économiques de 10 000 personnes annuellement.

« Au cours des 15 prochaines années, la pénurie de main-d’œuvre constituera un des principaux goulots d’étranglement de notre croissance économique, particulièrement en région. La solution à ce problème sera plurielle : retenir sur le marché les travailleurs d’expérience, favoriser la mobilité géographique et professionnelle des travailleurs, mais également, miser davantage sur une main-d’œuvre venue d’ailleurs », poursuit Stéphane Forget. « Cela signifie en accueillir un plus grand nombre, en retenir plus au Québec et les intégrer mieux, en meilleure adéquation avec les besoins du marché du travail. Nous pouvons, nous devons faire mieux. » « Bien que cela n’ait pas toujours été le cas, nous avons dorénavant des organismes capables d’accompagner les gens dans leur intégration et faire en sorte qu’ils adoptent à leur tour notre coin de pays », rappelle pour sa part la présidente de la CCIVR.

Enfin, puisque pour s’améliorer, il faut se mesurer, la FCCQ et la CCIVR notent positivement les cibles définies, les indicateurs et la volonté de faire une reddition de comptes. Cette approche devrait également être implantée en matière de formation continue. Il importe ainsi de poursuivre les efforts avec les acteurs clés du marché du travail.

« Aucune nation n’a trop de talents et le Québec en compte énormément. Les entreprises du Québec sont aux prises avec un nombre grandissant de défis de productivité liés à la pénurie de main-d’œuvre. Une part de réussite reposera sur le fait que la stratégie nationale sera déployée de manière régionale, pour bien répondre aux spécificités de chaque région du Québec » concluent Stéphane Forget et Marie-Claude Duval.

Sommaire explicatif de la Stratégie nationale sur la main-d’œuvre 2018-2023

 

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